Résumé
Gaïus a du mérite de recevoir les
émissaires de Jean, car Diotrèphe ne voit
pas leur venue d'un bon oeil : lui-même ne
veut pas les recevoir (verset 9) et, pour
les empêcher d'exercer une influence sur
les autres, il interdit aux membres de son
Eglise de les accueillir, sous peine
d'exclusion de la communauté. Jean
félicite Gaïus de tenir tête à ce
dictateur clérical, en attendant qu'il
vienne lui-même lui dire son fait et le
remettre à sa place (verset 10). On a vu en
Diotrèphe, l'un des premiers représentants
de l'épiscopat monarchique. Il est certain
qu'au second siècle le nombre des évêques
qui veulent régenter leur Eglise comme un
centenier sa troupe, ne cesse de grandir.
L'instinct de domination s'empare des
meilleurs d'entre eux (comme Ignace
d'Antioche). Cependant, les Diotrèphe ne
sont liés à aucune structure ecclq.
particulière : les formes les plus
congrégationalistes connaissent des gens
qui "aiment jouer le premier
violon" (traduction Pfäffling du
verset 9).
- Cette lettre nous permet de jeter un coup
d'oeil rapide dans les Eglises de la fin du
siècle apostolique : l'hérésie et le
schisme sont les deux maux qui minent les
communautés. La situation ira en empirant
au cours du second siècle : les fausses
doctrines et les divisions se multiplieront
après la disparition du dernier des
apôtres et avant la fixation du canon des
Ecritures. Ce billet nous donne aussi un
aperçu de la vie de l'apôtre au cours des
dernières années de sa vie, avant son exil
à Patmos. Il nous le montre, non comme un
"prince de l'Eglise" entouré
d'honneurs, mais comme un combattant en
butte aux attaques des adversaires, menant
la lutte sur plusieurs fronts à la fois.
Les soucis, les travaux, l'humiliation
même, ne manquent pas; mais Jean reste
fidèle à son poste, en vrai disciple de
Celui que est Vérité et Amour. Il nous
apprend, par cette lettre comme par les
autres, que pour aimer selon la vérité, il
faut aussi savoir prendre parti contre
l'erreur et contre ceux qui la servent. Sans
les Jean et les Gaïus, les Diotrèphe
auraient depuis longtemps réduit l'Eglise
à leur merci. Enfin, l'épître nous
rappelle nos devoirs envers ceux qui sont
partis "pour le Nom de
Jésus-Christ" (verset 7), et que nous
devons soutenir de nos dons pour collaborer,
avec eux, à la diffusion de la vérité
(verset 8).