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Présentation :
- Auteur :
Le problème de l’auteur a toujours suscité
des controverses. L’Eglise primitive
elle-même n’avait pas une opinion unanime
à ce sujet, bien qu’elle eût reconnu la
canonicité et l’authenticité de cette épître
L’Eglise primitive d’Orient pensait que
cette lettre était de Paul, quoiqu’elle fût
fort différente des autres épîtres de
l’apôtre; on essaya d’expliquer cette
dissemblance par diverses théories. Clément
d’Alexandrie allégua que cette lettre était
peut-être la traduction due à Luc d’un
manuscrit hébreux de Paul. Les Eglises
primitives d’Occident contestaient que
Paul fût l’auteur de l’épître et Origène,
au IIIe siècle, disait que Dieu seul en
connaissait le rédacteur. Delitzsch
remarque que cette épître se présente,
comme Melchisédek, "sans père, sans mère".
Elle s’avance solitaire, dans sa dignité
royale et sacerdotale, et comme lui, n’a
pas d’ancêtres. Finalement, l’opinion
de l’Eglise d’Orient prévalut et fut
admise de façon généalogique, bien
qu’elle ne répondît pas aux questions
posées. Si le livre est anonyme, Hébreux
2.3 indique, semble-t-il, que l’auteur
n’était pas apôtre, en tout cas pas
l’un des Douze, et Paul a affirmé que
l’Evangile lui avait été transmis de façon
directe (cf. Galates 1.11-24). D’après Hébreux
13.18, 19, nous pouvons conclure que l’écrivain
était bien connu de ses lecteurs et séparé
d’eux par des circonstances pénibles.
L’allusion à Timothée (13.23) ne suffit
pas pour identif. l’auteur.
- L’épître est anonyme : elle ne porte
ni le nom de son auteur, ni des détails
suffisants pour l’identifier. C’était
un chrétien d’origine juive (1.1 :
"nos pères"), versé dans les
Ecritures, familier du rituel lévitique. Il
n’a pas connu personnellement Jésus, l’Evangile
lui est parvenu par l’intermédiaire des
premiers témoins (2.3). Son vocabulaire,
son style, sa manière d’interpréter l’Ecriture
et l’utilisation de certains thèmes
trahissent l’influence de l’école
rabbinique d’Alexandrie. Il connaît
personnellement Timothée (13.23) et les chrétiens
auxquels il s’adresse (6.9; 13.18, 19, 23,
24). D’après 13.19 ("j’espère
vous être rendu bientôt") et le sens
du mot "rendu" dans Matthieu 12.13
et Marc 8.25, semble avoir été malade au
moment de la rédaction de l’épître.
L’auteur donne une réponse détaillée à
ceux qui cherchent le but de son écrit : il
exhorte (3.6; 4.14; 6.11-12; 10.23-25;
12.12-13) avertit et menace (2.1-4; 3.7-19;
4.1-11; 12.29) fait tantôt des reproches
(5.11-14) tantôt loue ses correspondants
pour leur persévérance (6.9-10; 10.32-34),
et stimule leur espérance (10.19, 36-39)
par la perspective de l’avenir glorieux
qui attend ceux qui demeurent fermes dans la
foi (11.13-16; 12.22-28).
- Son but premier est donc "parénétique"
(c.-à-d. visant l’exhortation,
l’encouragement) et non doctrinal. La
doctrine est mise au service de
l’exhortation.
- Pourquoi se sent-il obligé d’exhorter
ses correspondants ? Plusieurs passages nous
répondent : il oppose constamment ce que
les destinataires de l’épître sont
actuellement à ce qu’ils ont été et à
ce qu’ils devraient être : il leur dépeint
aussi ce qu’ils sont en danger de devenir.
Ils sont paresseux (5.11; 6.12) et découragés
(12.3,12). Leur enthousiasme initial pour la
foi n’est plus qu’un lointain souvenir
(3.6, 14; 4.14; 10.23, 35). Au lieu de
progresser dans la compréhension des vérités
profondes de la foi (5.12-14), ils ont
tendance à se laisser entraîner par des
doctrines nouvelles et étrangères (13.9).
Ils font l’église-buissonnière (10.25)
et n’obéissent plus aux conducteurs de
l’Eglise (13.17). Aussi risquent-ils d’être
emportés loin de ce qu’ils ont entendu
(2.1), d’abandonner la foi (3.12; 10.26)
et de passer à côté des promesses divines
(4.1). Ils sont aussi découragés et troublés
par les persécutions subies. Ils
"comprennent" beaucoup mieux ce
qu’ils ont perdu en désertant le culte
mosaïque que ce qu’ils trouvent dans les
assemblées chrétiennes (10.25; 13.10).
Comment n’auraient-ils pas péniblement
ressenti la privation du Temple et de sa
splendide liturgie, de son rituel massif si
riche de symbolisme ? La spiritualité du
culte nouveau apportait si peu d’appui
sensible à leur foi" (C. Spicq).
C’est pour lutter contre cet esprit de
recul, pour en montrer les dangers et la
gravité et pour en signaler le remède
infaillible, que l’auteur prend la plume.
Il a connu la source unique du mal :
l’ignorance et l’incrédulité à l’égard
de ce qu’est Christ et de ce qu’est le
salut" (A. Murray). Une connaissance
plus vivante et profonde de Christ était
seule capable de combler les déficits de
leur vie spirituelle" (C.-L. de Benoit).
- L’auteur démontre à ses correspondants
la supériorité de l’alliance nouvelle et
éternelle inaugurée par le Christ sur
celle dont ils regrettent le culte; supériorité
de la révélation apportée, de la qualité
et de la pérennité du salut, du caractère
céleste des bénédictions offertes à la
foi, du rôle de la souffrance et de l’épreuve
pour atteindre la perfection. Mais il les
avertit aussi de la sévérité du jugement
qui frappera ceux qui, sachant ces choses,
les rejettent.
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