Résumé
Le nom de Jude est courant, le Nouveau
Testament en mentionne plusieurs > Actes
15.22-34 Deux seulement peuvent être considérés
comme auteurs éventuels de cette épître :
un frère de Jésus et de Jacques, de José
et de Simon > Evangile selon Matthieu
13.55; Evangile selon Marc 6.3 et Jude l'apôtre,
fils de Jacques > Evangile selon Luc
6.15-16; Actes 1.13 appelé aussi Thaddée
> Evangile selon Marc 3.18; Evangile
selon Matthieu 10.3 "non pas l'Iscariot"
> Evangile selon Jean 14.22 Mais l'auteur
de l'épître ne se présente pas comme
faisant partie des apôtres (verset 1), il
parle d'eux à la troisième personne
(verset 17) et invoque, pour appuyer son
autorité, sa parenté avec Jacques,
probablement l'un des conducteurs de l'Eglise
de Jérusalem, auteur de notre épître de
Jacques. > Galates 1.19; 2.9 "Par
son style et son vocabulaire, l'épître de
Jude ressemble à celle de Jacques. Les deux
sont concises et imagées dans l'expression
Les deux font une grande part aux figures de
langage empruntées à la vie en plein air.
Les deux sont caractérisées par une
certaine rigueur morale" (M. Tenney).
- Notre Jude est donc un frère de Jésus (désigné
dans Evangile selon Marc 6.3 comme "frère
de Jacques et de Jude") mais, pas plus
que Jacques, il ne se prévaut de cette
parenté, préférant se considérer comme
son "serviteur". Il était marié
(la tradition parle de ses petits-fils) et
parcourait, avec sa femme > 1 Corinthiens
9.5 l'Asie Mineure et la Grèce pour
annoncer la Bonne Nouvelle.
- L'épitre est connue et citée assez tôt
par les auteurs postapostoliques : on en
trouve des traces incertain dans les écrits
de Clément de Rome, Hermas, Justin, dans la
lettre de Barnabas, la Didaché, des
citations certaines chez Polycarpe, Athénagoras,
Théophile d'Antioche, Tertullien. Clément
d'Alexandrie la commente, le Fragment de
Muratori l'inclut dans son catalogue, Eusèbe
la classe parmi les livres discutés, mais
"bien connus et reconnus par la
plupart" (H. E. III, 25). Elle est
utilisée pour la lecture publique dans la
plupart des Eglises. "Vers l'an 200, l'épître
de Jude était reçue dans le Canon
alexandrin (Clément), dans le Canon romain
(fragment de Muratori) et dans celui de
Carthage (Tertullien). "Il est tout à
fait remarquable qu'un écrit aussi court
ait eu une diffusion aussi rapide" (J.
Chaine).
- Si certains auteurs des premiers siècles
avaient des doutes au sujet de sa canonicité,
c'est parce que Jude cite des livres
apocryphes juifs, dont l'autorité était de
plus en plus contestée dans l'Eglise chrétienne
L'une des manières de lire le verset 3
laisse supposer que Jude était en train d'écrire
une plus longue lettre, lorsque des
circonstances imprévues l'ont obligé
d'adresser d'abord à ses correspondants ce
petit billet, pour les avertir du danger
qu'ils couraient.
- Les circonstances auxquelles il fait
allusion sont l'infiltration insidieuse d'hérétiques
dangereux dans les Eglises. Il s'agit de
gens qui usurpent la grâce de Dieu, lui
faisant couvrir leur vie immorale. S'ils
acceptent Jésus-Christ comme leur Sauveur,
ils le "renient comme seul Maître et
Seigneur" (verset 4). Leurs "rêveries"
(verset 8) les entraînent à des spéculations
stériles compatibles avec leur vie
immorale. Ce sont des hommes
"psychiques", qui n'ont pas
l'Esprit de Dieu. Mais ils se glorifient de
posséder la connaissance parfaite; la matière
est pour eux le siège du mal, c'est
pourquoi ils prétendent que les dérèglements
sexuels n'affectent pas leur esprit, au
contraire, ils y voient un moyen de dominer
la matière. Ils exaltent les instincts
naturels (verset 10). Ils méprisent
l'autorité : "la licence spirituelle
et les désordres auxquels elle conduit ne
sauraient s'accommoder de la loi, ni de
l'autorité établie pour la faire
respecter. C'est pourquoi les impies n'ont
souvent que mépris à l'égard de toute
autorité qui prétendrait mettre des
limites à leurs rêveries et aux
agissements qui l'accompagnent". Ils
aiment l'argent (verset 11) et flattent les
personnes dont ils espèrent tirer du profit
(verset 16).
- Ces tendances ne sont pas neuves : l'apôtre
Paul les a dénoncées dans maintes lettres
> 1 Corinthiens 15.1; 2 Corinthiens 11.1;
Ephésiens 3.19; Colossiens 2.4; 1 Timothée
6.20-21; 2 Timothée 3.5-7; Tite 1.13-16
Nous les retrouvons dans les épître de
Jean > 1ère épître de Jean1.8-10;
2.18-23; 4.1-3; 2ème épître de Jean 7.11
et dans l'Apocalypse (chapitres 2 et 3).
Elles sont toujours présentes, guettant
ceux qui ne veillent pas à préserver leur
"très sainte foi" des attaques de
l'Adversaire.
- A toutes les époques, des hommes ont été
tentés d'adapter le message évangélique
aux idées et aux goûts du jour espérant
ainsi le rendre plus accessible à leurs
contemporains. Notre temps a vu se
multiplier ces tentatives : si elles
connaissent une vogue éphémère, elles ne
réussissent guère à attirer les hommes à
Jésus-Christ, alors que le vieil Evangile,
tel qu'il a été transmis aux premiers chrétiens
"une fois pour toutes", continue
à susciter des disciples au Seigneur.
- C'est pourquoi cette épitre, malgré son
caractère polémique, garde son actualité
dans l'Eglise. La vérité n'a pas seulement
besoin d'être proclamée, elle doit aussi
être défendue contre ceux qui la
falsifient, car la fausse doctrine a généralement
partie liée avec la mauvaise conduite.
C'est bien à tort que l'épître de Jude a
été exclue du "canon pratique de l'Eglise".
Aussi longtemps que des hommes devront être
repris pour leur conduite, l'épître de
Jude restera actuelle. "Le fait de la négliger
reflète davantage la superficialité de la
génération qui la néglige que
l'inactualité de son brûlant message"
(D. Guthrie).
- Jude termine sa lettre par une des plus
belles formules de bénédiction contenues
dans le Nouveau Testament Elle justifierait,
à elle seule, la présence de cette épitre
dans le recueil des écrits inspirés, mais
elle est inséparable du reste de l'écrit.
Dieu ne peut nous "préserver de toute
chute" et nous "faire paraître
devant sa gloire irrépréhensibles et dans
l'allégresse" que si nous nous
cramponnons, comme Jude nous y exhorte, à
"la foi transmise aux saints une fois
pour toutes", et si nous combattons
pour elle.
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